Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

15.06.2008

Incroyable mais vrai ! De la rumeur à la réalité de pandémie (4eme partie)

Encore  100 mètres,  et je  vais tourner à droite dans l’avenue où  j’habite. J’entends  vaguement  la sonnerie de mon GSM.  Les freins de mon vélo crient.  Je m’arrête sur le bas- côté de la piste cyclable.  Je mets l’oreillette du portable dans le « trou de l’oreille ». J’écoute : « Allo , ici  Michel N. au téléphone. Je ne sais pas si tu as le temps de venir donner un coup de main à la salle d’hop. On est débordé par les évènements de la pandémie. Didier et moi, on  a pensé que tu étais la personne idéale pour nous aider. En bref, on a deux abdomens aigus, un interne rescapé,  Claudine une infirmière de salle d’hop rappelée, et notre bon  Robert, l’anesthésiste, et …. un hôpital en pagaille. Fais- nous savoir par retour si on peut compter sur toi, et si tu viens, tu entres par les urgences.

N’oublie- pas de mettre un masque en passant par là-bas car dans la salle d’attente des urgences, il y a beaucoup de gens qui toussent. Bon,  salut j’attends ta réponse ».

Je bondis sur ma touche F5 de rappel pour confirmer mon arrivée imminente pour le « coup de main » à donner.  J’attache mon vélo sur le petit parking des urgences  à côté du garage de la grosse voiture du SAMU, stationnée prête à bondir…. Mais pour quelle urgence, puisque tout et rien ne sont urgents en ces temps bousculés. Je franchis la porte de la salle d’attente des urgences.

Dans la pièce remplie de fumée, les gens toussent et geignent. Je me dirige vers le guichet.

J’annonce : « Vermeulen  salle d’hop. Merci ». Un déclic me signale l’ouverture d’une porte.

Je me dirige vers un escalier en évitant l’ascenseur….J’arrive devant le parlophone.  J’appuie sur le bouton, et l’on m’ouvre sans me demander mes coordonnées. Dans le long couloir ,  je vois arriver Didier H. Il s’arrête et se campe devant moi  les deux mains sur les hanches.  « Bon, on va devoir pédaler sec, deux péritonites : une sur rupture de diverticule sigmoidien et l’autre sur appendicite.  Tu travailles avec Michel pour le diverticule, et moi je me débrouille avec l’interne pour « l’appendoche ».  Prends un  café, le thermos est sur la table de la salle de détente et tu fonces t’habiller, salle 2 . Michel y est déjà, et Robert « l’anesthésio   est déjà en route, il termine de placer la « perf » et place une PVC ».

Je fonce alors, j’avale un café pur sucre, et puis  je passe au lavage. Mes gestes sont automatiques et mon esprit est  calme. Aucune pensée particulière ne me traverse, car j’ai fait le vide en moi-même. Avec mes mains et bras dégoulinants  tenus en l’air , j’effleure de la pointe de mon sabot le bouton déclenchant  l’ouverture la porte d’entrée de la salle 2. Michel est là et déjà s’affaire à mettre les champs opératoires en place. Il lève la tête et je le revois tel qu’il y a  5 ans avec ses petites lunettes cerclées  sur le nez, ses cheveux blancs sous un chapeau vert au bord relevé, son visage fin et amaigri, et puis un gentil sourire triste.  Avec les yeux,  je dis un bonjour à Robert  l’anesthésiste  aux cheveux blancs et au visage rougi par la tension. Gentiment, il lève les sourcils en guise de résumer de la situation. Je lève les miens.

Claudine, la fidèle infirmière, m’aide à terminer mon « harnachement ».

Après avoir rangé les instruments sur les tables adéquates , je lève les yeux vers Michel en face de moi et lui tends le bistouri.  Un temps d’arrêt. On se jette un dernier regard avant l’aventure.  Michel me lance un « on y va » et je réponds en écho « on y va ». Incision médiane  péri-ombilicale. On découvre rapidement une diverticulite  sigmoidienne perforée abcédée et l’incision est prolongée jusqu’au pubis. Les gestes sont précis et rapides, et les quatre mains se coordonnent et se complètent, prolongées par les instruments adéquats.  Pas un mot, seul le cliquetis des instruments et le « tiit tiit » des appareils de l’anesthésiste. L’étage abdominal supérieur est intact. On décide de disséquer l’anse sigmoidienne en raison d’un cartonnage tissulaire inflammatoire très important, faisant adhérer  l’intestin aux anses voisines notamment l’intestin grêle et les organes génitaux.  Nous transpirons tous les deux, car nous travaillons vite, mais bien.  On découvre un diverticule de Meckel très enflammé.  On change de gants, et on s’attaque à effectuer une colectomie sigmoidienne segmentaire selon Hartman.  La section  du colon, gauche proximale, est réalisée par un coup d’agrafeuses PLC 55, et cette portion colique est appariée en colostomie iliaque gauche terminale…muqueuse colique ourlée à la peau……jonction rectosigmoidienne ….coup d’agrafeuse …. Enfouissement par surjet à la soie 2/0……le rétablissement de continuité iléo-iléale est réalisé en termino-terminal par points séparés en U à la soie 3/0 pour le plan séreux et quelques points séparés pour plan muqueux …..hémostase du méso au vicryl 0….Exploration de la cavité abdominale, on déroule les anses de grèles restantes, on dégage pour mieux  voir l’entièreté de la cavité. OK tout est normal.

On est soulagé. On rince abondamment la cavité abdominale  au sérum bétadiné, ….drain de Penrose dans le cul de sac de Douglas…extériorisé par une contre-incision iliaque droite. Robert, l’anesthésiste pousse un profond soupir de soulagement. Je lui jette un clin d’oeil par-dessus le masque ….. Ses yeux me montrent le carreau de la porte. J’aperçois le visage de Didier H. tout souriant et fatigué. J’ai compris. C’est OK pour lui. Je lui réponds par un clin d’oeil. Michel , mon compagnon d’aventures, lève la tête, et sourit derrière son masque lui serrant le nez. Il me regarde ensuite : «  Bon, on fixe le drain à la peau »….surjet croisé au vicryl No 1…..Ouf : on termine par points séparés de Donati à l’Ethilon 2/0. La colostomie est placée dans un coloplaste ……Antibiothérapie. On replace le malade sur son lit d’arrivée et tous les cinq Robert, Claudine, Michel, moi et Didier pour les pieds, on soulève délicatement la lourde malade, pour la déposer avec douceur dans son lit……

Dans la salle de repos on se retrouve tous les 6 un peu cassés mais contents : Claudine, Michel, Robert, Didier, l’interne et moi. ….Soudain Didier réagit : « Café pour tout le monde,  c’est ma tournée, et voilà des biscuits offerts par la maison ». Après un certain temps de dégustation silencieuse, Michel lance à mon adresse : «Ce n’est pas jojo l’hôpital ». «Plutôt le cahot » renchérit Didier. Et  Robert précise : « Ce n’est pas croyable. Tu dois faire un tour à l’USI, et aux étages. Incroyable mais vrai.  Aucune  organisation possible. Un personnel  réduit  de moitié. On court partout. » Je réponds par un vague : « J’imagine compatissant. Bon, j’irai faire le tour, les gars, mais je profite encore 5 minutes du bon café et des biscuits……»

Je franchis la frontière aseptisée et tranquille  du bloc  opératoire pour entrer sur le territoire de la désolation et de la souffrance.  Je monte par les escaliers de service   au sixième,  l’étage utilisé antérieurement par la gériatrie. Je mets un masque FFP3, et des gants de protection, des  Protège- chaussures et une blouse chirurgicale.  Je franchis la porte du service. Mes sens en alerte sont envahis   par les gémissements, tels une odeur nauséabonde s’exhalant  par les portes entr’ouvertes.  Je presse le pas pour dissiper mon angoisse. Je me rends au bureau des soignants. Là,  un médecin assistant,  assez jeune, que j’avais entr’aperçu en cancérologie auparavant m’explique qu’ici, on s’occupe des cas ressortant de la médecine palliative. Je lui demande si ce n’est pas trop difficile de gérer le problème d’insuffisance respiratoire terminale irrécupérable, et s’il possède un arbre de décision préalablement défini pour aider tous ces malheureux. Pour seule réponse il me dit avec des yeux tristes : « On fait ce qu’on peut avec les moyens que l’on a. » A cette phrase, une image traverse mon esprit et je revois en pensée le souvenir de Myrianne, que j’ai aidé à mourir à domicile d’un cancer du poumon. A l’époque j’avais plus de moyens médicamenteux pour la soulager, et finalement au petit matin,  elle avait rendu l’âme dans la sérénité entourée par l’affection de son mari. Ici, personne n’a  de  famille pour soutenir le patient dans son agonie. Après une longue visite dans les chambres presque mortuaires, je quitte  le courageux jeune médecin et sa dynamique équipe d’infirmiers, et d’infirmières.  Au total, cinq pour tout le service,  sept  jours sur sept.

 

 Je descends à l’étage en-dessous. Dans ce 5eme étage, l’air est plus  respirable, car on traite les cas compliqués de grippe mais récupérables,  des malades surinfectés par des infections bactériennes et des malades en meilleur état,  récupérés  du service des soins intensifs. Ici tout est plus calme et plus optimiste qu’au 6eme.  Le médecin responsable est plus âgé. Normalement , il était pensionné depuis un an, et puis il a été rappelé, par manque d’effectifs encore mobilisables. Il faut savoir que certains médecins sont malheureusement  déjà morts au « champ d’honneur ». D’autres,  beaucoup plus   rares,  voyant la situation se dégrader et se sentant dépourvus  de moyens d’actions , ont rejoint  la liste déjà longue des « abonnés absents ».  D’une certaine façon, on peut les comprendre : on ne peut pas aller à la guerre sans fusil avec aucunes réponses des autorités aux questions : « Où, comment, pourquoi, avec quoi, avec quelle stratégie, et avec quelle communication ». On leur a seulement dit : « Monter au front, c’est votre devoir », sans plus. Ils ont vu leurs camarades de combat mourir à l’action, et ils ont eu peur. Certains se sont fait lyncher par la population en panique furieuse, pour obtenir des solutions miracles à leur survie. Je quitte le 5eme. Mais avant de partir, ce brave responsable aux cheveux blancs me fait savoir que les antibiotiques,  le  paracétamol, et les antitussifs , vont manquer. Je lui promets de faire suivre le message aux autorités de la Commune car il ne peut plus  communiquer téléphoniquement avec l’extérieur.  Je  pense en moi-même que malgré mon intervention de messager de l’hôpital, il sera difficile d’obtenir des résultats. Les transports étant réduits à leur plus simple expression en Belgique, l’approvisionnement en médicaments doit être rendu très difficile.  Je ne sais pas si le ministère des communications a pu évaluer et trouver des solutions à ce problème. 

 

Après avoir salué mon confrère âgé,  je suis descendu au 4eme étage en prenant bien soin  de revêtir à nouveau des protège chaussures, des gants, un masque, et je garde mes propres lunettes sur mon nez.  Le 4eme étage est occupé par les patients non grippés de chirurgie et de médecine interne. Un médecin , dans la trentaine,  m’accueille chaleureusement. Je lui explique mon passage en salle d’hop, et lui , me confie son soucis quant à l’approvisionnement en médicament et en matériel médical. De plus, il me signale que  les communications avec l’extérieur sont difficiles et les pannes de courant fréquentes. La nourriture des patients et du personnel devient frugale.  Il possède une petite radio sur piles  bien utile pour lui et pour son équipe de soignant(e)s.  Il craint la rupture d’approvisionnement en tout, et se plaint du manque de contact avec l’extérieur.  En me quittant, il me lâche dans un grand soupir : « Parfois j’en ai marre ».

 

 Le premier et le deuxième étages, occupés habituellement  par les consultations,  les secrétariats et la dialyse,  sont vides.  Au deuxième étage,  je traverse le long couloir silencieux et désaffecté pour rejoindre les quartiers opératoires, mais avant de me trouver devant la porte du bloc, je tourne à droite pour rejoindre un endroit que je connais bien,  l’Unité de  Soins Intensifs. Je revêts à nouveau blouse, masque, gants, protège- chaussures,  et je m’annonce au interphone.  Je pénètre dans l’antre de la haute technicité médicale. J’ai l’impression de me trouver dans une usine. Mes oreilles sont envahies par les bruits entrecoupés de « machines soufflantes », les respirateurs. Je suis accueilli par une gentille consœur que je connais bien. Elle lève les bras en l’air en signe d’accueil.   Son visage est creusé et son chignon noué à la hâte est défait sous son chapeau chirurgical. Son masque est mal attaché car elle n’a pas le temps. Bon Dieu,  quand je la vois ainsi habillée  avec si peu de précautions par manque de temps, je me dis en moi-même, qu’il était loin le temps de l’hôpital St Pierre de référence où l’on voyait à la télévision en janvier 2006, les médecins habillés comme des scaphandriers de cosmonaute sur la lune, pour accueillir  un seul cas suspect de grippe aviaire en provenance de Turquie. Celui-ci s’est révélé être une fausse alerte à l’époque. C’était une époque où l’on parlait beaucoup de grippe aviaire, d’oiseaux migrateurs, de comment il fallait cuire son poulet. On faisait des débats inutiles à la télévision pour rassurer la population. Et puis,  tout fut oublié. Les journaux et les hommes politiques se sont désintéressés de la chose. Il n’y avait plus rien à faire, rien à préparer,  si ce n’est  les élections successives, et puis, les vacances se succédant aux périodes de travail,  les joies des uns, les peines des autres , les envies les déceptions, simplement le train- train  quotidien du boulot métro dodo vacances, le soucis de la production- consommation, le pouvoir d’achat, le  confort dans le quotidien . Jusqu’au jour où tout a basculé dans le tourbillon infernal de la pandémie inattendue….

 

 

 

Incroyable mais vrai ! De la rumeur à la réalité de pandémie - Préface.

PREFACE   

Le but de l’écriture de ce texte n’est pas d’effrayer la population  par des descriptions réalistes et possibles. Au contraire, si j’ai tenté d’écrire avec le plus de réalisme possible ce qui pourrait arriver, c’est pour mieux le combattre maintenant  en cherchant et trouvant des solutions répondant aux différentes interpellations évoqués par le récit. Mon souhait le plus profond est : « Que tout ce qui a été raconté ne puisse jamais arriver un jour ».

Aussi, je souhaite de tout cœur et en toute humilité,  que mon récit puisse être lu par des experts de la santé publique, trop souvent cantonnés derrière leur bureau, et coupés de la réalité quotidienne de terrain.

De plus, mes espoirs se verraient comblés,  si mon texte réussit à faire prendre conscience  à tous les intervenants actifs de terrain de la santé,  à savoir tous ceux qui travaillent  avec et pour les malades.

Enfin, chers lecteurs, chères lectrices, vous qui ne travaillez pas dans le domaine de la santé ou dans la gestion du socio-économique, soyez rassurés  que le maximum sera fait par nos responsables  pour vous éviter toute souffrance médicale ou socio-économique. Sachez quand même, chère population,  que le jour où ces temps difficiles arriveront, votre rôle sera essentiel, par votre solidarité, par votre civisme et  votre discipline à suivre les instructions, et surtout par votre bénévolat altruiste vis-à-vis des plus démunis,  des oubliés et des plus âgés  de notre société.  Vos réflexions, et vos questions  pour compléter constructivement ce texte, seront les bienvenues.  Elles aideront les spécialistes à mieux résoudre les problèmes rencontrés  en temps de pandémie. Elles permettront de guider la pensée vers des solutions abordées sous un angle pratique concret et réaliste.

 Merci.    Dr MSFV

 

 

08.06.2008

Incroyable mais vrai ! De la rumeur à la réalité de pandémie (3eme partie)

Le 20 juillet2008

La sonnerie de mon réveil mécanique déchire la brume de mon sommeil appesanti. Déjà trois heures du matin. C'est avec regret que je quitte la chaleur de ma couette.
Je descends les escaliers de ma maison silencieuse, je me précipite dans la cuisine, et comme un zombie, je  remplis la machine à café d'eau et de quelques doses de poudre. Pendant que le percolateur froufroute et crache son liquide noir stimulant, j'essaie de reprendre mes esprits, affalé sur une chaise en grignotant un morceau de biscuit  trouvé sur une table. C'est dur de se réveiller après trois heures de sommeil.
  
Hier, il était minuit quand j'ai éteint la lumière. Juste avant mon voyage au pays des songes, j'étais allé sur le site web de mon pays pour  voir si de nouvelles directives avaient été formulées depuis le début de l'épidémie de la grippe aviaire, et rien n'avait changé, comme s'il n'y avait jamais eu de pandémie. Une seule phrase  résonnait encore  dans mon esprit: " Le grand nombre de questions encore sans réponse concernant l'organisation des soins de première ligne lors d'une pandémie reflète dans un certain sens l'incertitude de la pandémie elle-même. Toutefois, les médecins généralistes sont des experts dans le maniement de l'incertitude, et ils sont dès lors bien placés pour s'adapter à un phénomène sanitaire imprévisible. Pendant une pandémie grippale, ils joueront plus que jamais un rôle central au sein de notre système de soins".
 
 Bon, je n'ai qu'une chose à faire: continuer mon travail jusqu'à.....on verra ...enfin je ne sais pas quoi .... Je bois lentement mon café tout en mangeant des biscuits trouvés dans une armoire. Ma femme et mes enfants  sont  partis à la campagne chez mes parents, possédant une  maison assez bien isolée. Les écoles du pays ont dû fermer leurs portes pour éviter que la contamination ne se propage encore plus.
 
 Mademoiselle Flore, patiente, ancienne secrétaire m'avait spontanément proposé ses services, pour assurer le secrétariat, c'est à dire répondre aux nombreux appels.
Beaucoup de gens sont affolés, car les grands magasins sont vidés, et ne savent plus  comment se procurer des vivres. D'autres demandent comment se procurer des médicaments contre la maladie, d'autres encore veulent prendre rendez-vous pour se faire vacciner contre ce virus de la grippe. De vaccins, il n'en existe pas encore, et il n'en existera pas encore avant 6 mois et l'antiviral Tamiflu n'existe plus en pharmacie.
 
Ma pharmacie du coin, tenue par trois braves dames, que je connais bien, a été attaquée hier par une bande de trois individus armés. Ils n'avaient pas reçu de réponse positive à leur demande, et se sont mis à démolir tous les rayons et annexes de la pharmacie pour découvrir du Tamiflu introuvable .Trois ambulances sont venues chercher ces trois braves dames lynchées avec une brutalité bestiale. J'avais les larmes aux yeux en croisant du regard les  visages tuméfiés  de celles que j'avais si bien connues dans le passé.
 
 L'horloge de la cuisine sonne 3 heures et demi,  et dans une demi-heure, mademoiselle Flore va arriver. Je me dépêche de vider mon café, de prendre ma douche, d'aller ouvrir les serrures spéciales de ma porte d'entrée, afin que, lorsque l’on sonne, je sois prêt.
 
 À 4 heures pile, mademoiselle Flore sonne, et à 4 heures 5, je débloque mon répondeur. Mademoiselle Flore et moi-même notons les visites à faire. Pendant mon absence, elle répondra aux différents appels et me pilotera dans les visites supplémentaires à encore faire pendant ma longue tournée. Nous sommes le vingtième jour de la pandémie, et je dois voir 30 familles de grippées et  faire 10 visites normales. À cela s'ajoutent les appels supplémentaires que mademoiselle Flore  me communiquera pendant mes trajets. Il est 5 heures et il fait déjà fort clair, car nous sommes le 10 juillet. 
Il est 5 heures et il fait déjà fort clair, car nous sommes le 10 juillet. Le ciel est bleu. La journée sera chaude, mais j'aime cela: cela me rappelle l'Afrique.
La rue est vide, je cherche ma voiture, je ne la trouve plus. Je ne me souviens plus où je l'ai stationnée hier soir.

 J'étais épuisé à minuit. Je me souviens que j'étais du côté de la gare à environ un kilomètre. Maintenant, il n'y a plus de travail, et les gens, obligés de rester à la maison, ont préféré stationner leur voiture le plus prêt possible de leur habitation. Alors il est difficile de se stationner  pour le corps médical. Enfin, je reconnais ma voiture, pas loin de la gare déserte.
La porte claque et je jette un coup d’oeil inquiet sur la jauge d'essence.
 
Première mission: me rendre à une adresse de la santé publique inconnue du public, pour faire le plein en comprimés de Tamiflu, et de Relenza.  Arrivé devant le bâtiment ad hoc, je vois que déjà de nombreux confrères ont stationné leur voiture n'importe comment, et font la queue devant un guichet sécurisé.  Mes confrères et consoeurs qui attendent  ont l'air avachis et ne se parlent pas.
 On dirait un troupeau de bestiaux menés à l'abattoir. Pourtant, on ne fait  que son devoir, et nous sommes des "experts dans le maniement de l'incertitude", a dit le site officiel " influenza.be " .
 J'ai pitié d'eux, ils ne s'y attendaient pas, et je me souviens de la phrase écrite sur le site officiel de grippe aviaire de notre pays: " En période pandémique, l'organisation des cabinets de médecins sera sérieusement mise sous pression, à cause d'une forte hausse du nombre de consultations accompagnée d'une diminution de disponibilité des médecins généralistes (on peut considérer que certains médecins seront eux aussi contaminés par la grippe). " 
 
 Une heure d'attente et me voilà reparti. Il est 6 heures 15, je fonce  vers la première famille d'un  grippé. Dans la voiture, j'écoute une partie des premières nouvelles du matin et j'entends la voix du premier ministre "....nous demandons à la population de rester calme, et d'avoir du bon sens et de la sagesse ....les ministres et moi-même ainsi que l'équipe d'experts faisons tout  pour aider la population dans cette situation de crise imprévue.  Cette pandémie est arrivée plus vite que prévue, aussi ferons- nous de notre mieux, le mieux que l'on puisse faire. ...." C'était un message du premier ministre depuis le centre de crise".  Ce que l'on ne dit pas, c'est que le centre de crise se trouve quelque part en Belgique, dans un endroit souterrain à l’ abris du virus H5N1 et des révoltes de la population
Le
s textes en rouge sont repris du site "influenza.be", rubrique "textes scientifiques", article intitulé:(28/04/2006): " Article paru dans la presse professionnelle: Première ligne en cas de pandémie de grippe".

 

Le 21 juillet 2008

J’ai définitivement abandonné ma voiture faute d’essence et de difficulté de stationnement. J’ai trouvé un terrain vague pour la ranger. Alors je fais comme avant, soit travailler  avec mon  vélo avec un sac à dos rempli de matériel et de médicaments.

On m’a demandé d’aller voir la situation de la maison de repos « Bel Air ».

Il faut beaucoup pédaler en côte pour y arriver.

Je suis content de voir ma course se terminer devant le grand bâtiment blanc.

D’un geste automatique  je pousse la porte, et je rencontre une résistance. Tiens, c’est fermé.  J’essaie encore et encore, et c’est peine perdue. Alors je vais frapper au carreau, où se trouve le bureau des infirmières. Une fois, deux fois ….et  j’entends très faiblement une voix me répondre : « J’arrive ». La porte d’entrée est secouée par le maniement de la clé, et je reconnais  la  brave Athinaï, une aide soignante grecque. Bon Dieu, comme elle a changée, elle est méconnaissable avec ses traits tirés.

Elle me dit tout de go : tout le monde est parti Docteur.

Je lui demande naïvement : « Les résidents » ?

Elle me répond  dans un long soupir : « Non, toutes les infirmières, les kinés, le directeur, les cuisiniers , ils sont tous partis, tous, tous, tous. Il y a encore Dimitri le technicien, lui est resté, il m’aide, il fait un peu de cuisine, il est gentil lui, il a du cœur ….. ».

 Et Athinaï s’est mise à pleurer.

Je lui dis alors « Bon, Athinaï, vous n’êtes plus seuls Dimitri et toi, maintenant nous sommes trois, nous allons faire la bonne équipe. »

Athinai me répond : «Tu ne sais pas encore docteur, il faut aller voir aux étages, on a des morts et des mourants ».

 Dimitri arrive : « Ah, mon Docteur, je t’ai vu à la Télé  il y a… ».

 D’un geste de la main je balaye ce souvenir lointain et inutile.

Je réponds«  Bon, on va aller aux étages ».

Dimitri me dit essoufflé : « On a condamné l’ascenseur car il y a des pannes de courant dans la ville, et c’est trop dangereux de prendre l’ascenseur ».

Je réponds : « Pas de problème ; on est jeune et on fera bien tous les 9 étages  à pieds ».

Je commence par le bas, soit l’étage -1. Une odeur acre de....... me prend à la gorge lorsque je franchis la porte coupe- feu du – 1.

Je marche vite. Athinaï et Dimitri sont essoufflés. Je me rends compte que je tourne en rond, car je suis ému, je connais si bien les lieux et les patients.

« Allons voir Mademoiselle Doppagne.

 "Elle vit encore", me crie dans le dos Athinaï.

Je frappe à la porte. Une petite voix répond : « C’est qui ? » « C’est le docteur ».

J’entre et je vois la demoiselle amaigrie trônant dans son fauteuil relax.

Je lui lance un joyeux « comment allez- vous mademoiselle ?». Elle me répond fièrement : à part les repas et les médicaments que l’on ne m’apporte plus, tout va bien. Et vous, Docteur, il semble que vous avez l’air fort fatigué  ».

Je lui réponds  avec énergie : « Un petit peu Mademoiselle, mais cela va  bien ».

« Je vous reverrai bientôt,  Mademoiselle ».

Je ressors de la chambre et à la suite de Dimitri et d ’Athinaï , je et je repars à leur suite pour aller affronter le pire.

Un temps d’arrêt dans un couloir et Dimitri me signale qu’il a entendu à la radio que l’eau n’était plus potable. Il pense avec justesse la faire bouillir pour la stériliser, mais il me signale qu’il y  a des coupures de gaz. Je lui signale que c’est normal qu’il y ai des coupures de gaz, d’eau et d’électricité car le personnel attaché à ces services est fort réduit.

Il me retient encore une fois par la manche avant d’affronter les couloirs de l’horreur, pour me dire  qu’il a entendu dire qu’il n’y aurait plus de radio, ni de télévisions. Je lui réponds que c’est inévitable puisque les personnes ne peuvent pas se regrouper, et cela  pour éviter la dissémination de la maladie, et de plus tous les personnels de toutes les entreprises, sont à la maison ou malades.

Pendant 3 heures nous  passons de chambre en chambre, pour réconforter les malades.

Pour moi également cela  me permet d’élaborer un plan d’action, pour répondre au mieux à tous ces problèmes que je classe en 5 catégories : protection  et surveillance des personnes non atteintes, soin des personnes avec des signes débutant de grippe, soins des malades avec complications infectieuses bactériennes,  médecine palliative, et problème des décédés. 

Ensuite, il faudra que je m'attaque rapidement au problème d’approvisionnement en nourriture et médicaments.

Finalement, je m'applique à donner une marche à suivre à Dimitri et Athinaï jusqu’à ma prochaine visite du lendemain.

 Les 4 heures passées dans la maison de repos furent très  pénibles…….trop dures à raconter......

Mon GSM sonne, j’entends la voix chaleureuse de ma secrétaire improvisée Mademoiselle Flore :

«Cela  va Docteur, il faut se dépêcher, il y a encore beaucoup de malades à voir, je vous donne la liste ….. ».

Je salue mes compagnons de misère  Dimitri et Athinai, en leur lançant un vibrant « à demain, sans faute ».

 Je sors dans la rue, et je fais un bon de côté, effrayé par un rat fouinant dans les sacs poubelles éventrés, trainant depuis longtemps sur le trottoir.

 Je suis  content de filer maintenant les cheveux au vent, le sac au dos sur ma bicyclette…….mais vers quel destin ?

A Dieu va…je suis Docteur dans l’âme….alors….il n’y a rien d’absurde à ce que je fais…espérons d’avoir l’énergie et la santé d’aller jusqu’au bout du tunnel…….. ?

                                                        

                                      

 

                                             

Incroyable mais vrai ! De la rumeur à la réalité de pandémie (2eme partie)

Le 25 juin 2008

Un cas de grippe humain à H5N1 est déclaré à Lyon. Cela fait la une des journaux. On essaie de reconstituer le trajet du malade pour identifier les contacts et isoler ensuite les présumés contaminés pour les mettre en quarantaine. Le début du trajet semble se localiser à Hong-Kong.

C’est normal puisqu’il y a beaucoup de transports internationaux en provenance de cette région. 

Le 26 juin 2008

On a fini par identifier l’avion et la compagnie en provenance de Hong-Kong.  Les passagers de ce vol appartiennent à différents pays, ce qui rend difficile le travail de recherche et d’identification des personnes susceptibles d’être contaminées pendant ce fameux vol. L’Allemagne, la France et la Belgique sont concernées.

Le 27 juin 2008

On arrive finalement à mettre en quarantaine la majorité des passagers, mais beaucoup de personnes  ont été en contact avec ceux-ci  au moment de leur arrivée au pays, et beaucoup trop de temps s’est écoulé entre la sortie de l’avion et la mise en quarantaine. Les passagers ont eu le temps de contaminer leur famille et leurs relations. C’est trop tard, les dés sont lancés, et il faudra gérer bientôt l’épidémie de grippe en Europe.

Le 1er juillet 2008

Effectivement, de nouveaux cas se sont déclarés en France, en Allemagne et en Belgique.

On les hospitalise pour les isoler et les traiter. Ils se retrouvent dans des chambres à pression négative. Certains sont déjà sous respirateurs.

En Belgique, les médecins  reçoivent par mail un avis de la santé publique nous conviant à la plus grande vigilance et  prudence. Tout cas suspect doit subir un écouvillonnage  gorge nez et être envoyé à l’Hôpital St Pierre, hôpital de référence.

Je suis très embêté car beaucoup de patients viennent à la consultation pour symptômes respiratoires, et se mélangent dans la salle d’attente. Je travaille avec peu de protection,  puisque je n’ai  acheté que quelques masques, gants et une paire de lunette de protection.

Les services d’urgence des hôpitaux connaissent le même problème de promiscuité, et l’affolement des personnes ne permet pas de mettre un service de tri en place. C’est la pagaille totale.

Les pharmacies connaissent le même sort et sont assaillies par quantité de clients en quête d’antiviraux.  Les supermarchés se vident. Le téléphone sonne chez moi toute les  5 minutes.

Le 10 juillet 2008

Je travaille  maintenant 16 heures par jour et j’arrive à tenir le coup. Je pense qu’il est préférable que ma femme et mes deux enfants partent chez la famille en province, habitant isolée dans les campagnes. La vie ici en ville devient dangereuse. On parle d’agressions de magasins, de cabinets de médecin, de violence aux services d’urgence des hôpitaux, et des pharmacies se sont vues démolies entièrement  par des personnes en quête d’antiviraux introuvables.  

Le 11 juillet 2008

Ma femme et mes enfants sont maintenant en sécurité à la campagne chez mes parents. Cela me soulage beaucoup.  Les  politiques  et les scientifiques n’apparaissent plus à la télévision, je ne sais pas pourquoi.  Etant prioritaires  de par leur fonction et responsabilité, ils ont dû s’isoler du reste de la population.  Des bruits, probablement faux, rapportent qu’ils se sont réfugiés dans un bunker construit à cet effet dans les profondeurs du sous-sol, en attente des vaccins. C’est normal puisqu’ils ont  de grandes responsabilités  de gestion de la crise. On raconte également (et ce ne sont que des rumeurs, j’espère) que certaines personnes fort riches du pays ont quitté celui-ci pour aller s’isoler sur des îles privées gardées secrètes, en attendant que l’ouragan de la pandémie passe. Ils devront s’absenter un an, et ensuite recevoir le vaccin pandémique lors du retour au pays, sinon ils subiront le même sort que la plupart de leurs concitoyens.

Le 15 Juillet 2008

J’ai des difficultés et je commence à ressentir la fatigue..... 



A suivre  : voir 3 eme partie.......

06.06.2008

Incroyable, mais vrai ! De la rumeur à la réalité de pandémie (1ère partie)

Le 5 Juin 2008

Comme tous les matins, je suis « allé aux nouvelles » concernant la grippe aviaire, et quelle ne fut pas ma stupeur de voir cette nouvelle fatale : « il semblerait qu’une épidémie humaine a débuté  en Indonésie dans un petit village de  l’ile de Java.  La ministre  de la santé, madame Supari, n’a pas encore fait de déclaration, et selon d’autres sources,  il semblerait qu’elle démente cette déclaration.

La nouvelle provient principalement du journal  « StreetTimes .com ». Je ne suis pas très sûr de cette source, car en général, j’essaie de prendre mes références dans des sources plus fiables.

Néanmoins, si cela s’avère vrai, j’imagine qu’une telle nouvelle sera reprise par quantité de média.

J’ai un correspondant à Java  que je viens de contacter et à qui j’ai envoyé un mail. Celui-ci me confirme la rumeur.  Je décide d’attendre et de ne rien dire sur le blog, tant que je ne suis pas sûr de la nouvelle.

Le 6 juin 2008

J’ai mal dormi car j’ai surveillé l’ordinateur en quête de confirmation, et malheureusement les nouvelles sont tombées telles que je le craignais.

Bien que je travaille depuis plus de 5 ans sur le sujet,  je n’aurais  jamais cru que cela arriverait un jour. A  force de traiter le sujet chaque jour, on finit par être « vacciné » contre ce problème.

Je vais surveiller la radio et les TV en Belgique et ailleurs.

Mais quelle catastrophe ! Que vont-ils faire en Belgique ? Ils sont tellement empêtrés  dans leurs problèmes   politiques pour  se positionner en vue des élections de 2009.

J’avoue que j’ai peur comme médecin généraliste, car jusqu’à présent je n’ai pas reçu la moindre formation, si ce n’est qu’un vague petit truc appelé E-Learn  sur le site "influenza.be", mais j’ai déjà oublié le contenu très général et non pratique de la formation.

J’imagine que si la nouvelle passe par la télévision ce soir, je serai assailli  de coups de téléphone de patients affolés me demandant ce qu’il faut faire, question à laquelle je ne pourrai répondre, car je ne connais pas les réponses.  Je n’ai pas été formé pour cela.

Le 7 juin 2008

Bon, c’est comme j’avais prévu : le téléphone  et le GSM n’arrêtent pas de sonner. Alors je signale aux gens le site « Influenza. be » sur le Net, et pour la plupart je donne  le numéro de téléphone officiel de la grippe aviaire.

Je râle car j’ai encore beaucoup de visites à faire ce samedi matin. Finalement je coupe le téléphone et je laisse en message le numéro officiel de « influenza.be ».

Je commence à en avoir marre, car tous les patients visités me posent des questions sur l’épidémie débutante en Indonésie, et les visites trainent.  Chaque fois que je franchis le seuil d’une habitation c’est toujours la même question qui revient : « qu’est- ce que vous en pensez, docteur,  vous qui…… »

Et bien moi j’en ai marre et je n’en pense rien puisque je ne sais pas ce que je dois faire en de telles circonstances. Je n’ai reçu aucune instruction de la santé publique. 

Le 8 juin 2008

C’est dimanche, et j’en ai ras le bol d’entendre sonner mon téléphone toutes les 5 minutes. J’ai laissé un message adéquat. Parfois je décroche « au cas où » il y aurait une urgence, et puis c’est toujours la même chose, les même questions. Bon, je remets  le message sur le téléphone.

Je passe mon temps sur l’ordinateur et je contacte par le Net  des personnes de référence en santé publique aux States, en Angleterre, en France….mais pas en Belgique où ils sont intouchables, car ils ont d’autres choses à faire….

Tous les avis de mes collègues convergent. Nous sommes au début d’une épidémie et bientôt d’une pandémie. L’OMS n’a encore rien déclaré.

Ce qui est idiot, c’est que madame Supari, la ministre indonésienne de la Santé, refuse toute aide internationale, prétextant que son pays possède les moyens pour « éteindre ce feu débutant »  (traduction anglaise).

Le 9 juin 2008

J’en ai marre d’en avoir marre avec tous ces coups de fil pour informer les gens. Normalement le téléphone doit servir pour les visites et les rendez- vous, et autres problèmes de médecine générale, mais pas pour les  renseignements   concernant les solutions à apporter pour la pandémie qui se profile à l’horizon.

Je surveille ma boite aux lettres et mon  E-Mail  pour savoir si l’équipe de gestion grippe aviaire nous donne des directives, ou peut-être un recyclage à suivre, ou une adresse pour se procurer des masques, des gants et des lunettes de protection. Rien, c’est normal et c’est trop tôt et c’est moi qui suis impatient. On ne peut pas tout organiser si vite.

Je me dis que c’est une bonne chose qu’il y ait la coupe de football Euro 2008, cela dédramatise un peu le problème, et cela permet d’éviter la panique chez  les gens.

En déjeunant avec ma femme ce midi, celle-ci me signale qu’il y a des files sans fin de clients au supermarché où elle fait habituellement ses courses.  Je me dis en moi-même que c’est normal cette réaction. Quand il y a une menace quelconque,  les gens se précipitent toujours sur la nourriture. 

J’ai eu beaucoup de visites et de consultations aujourd’hui, et le comble, c’est que les gens ne m’ont pas consulté  pour un problème médical, mais pour avoir des renseignements sur la grippe aviaire.

Je vous avoue que j’en ai marre d’être une agence de renseignements, ce qui ne change rien au problème, puisque je ne connais pas les dispositions prévues en Belgique pour ce problème.

Le 10 juin 2008

L’OMS déclare officiellement la nouvelle. Bon, cela ne change pas mon problème,  puisque je ne sais pas ce que je dois faire lorsque la pandémie aura atteint mon pays. La seule chose que je sais, c’est que je dois aller au casse- pipe, mais avec quelles protections et avec quelles directives concernant un arbre de décision. Là, c’est le mystère complet. On verra bien.

Le premier ministre Leterne   a fait ce soir une déclaration à la population en expliquant que toutes les dispositions étaient prises au niveau des instances dirigeantes politiques et scientifiques, pour que la population belge puisse être prise en charge pour sa santé et son bien- être. Ensuite madame la Ministre fédérale de la santé a également rassurer la population en les conviant à ne pas faire des réserves de vivres et de médicaments, ce qui serait hautement préjudiciable à  la bonne marche du pays.

Le 11 juin 2008

Bon, cette journée ressemble à celle d’ hier, à la différence que les gens se sont un peu calmés dans les supermarchés et pharmacies, et sont plus intéressés par le match de foot de l’Euro 2008. 

Le 12 juin 2008

Je reçois un mail m’invitant à aller me procurer des masques norme  FFP2 , des lunettes et des gants  dans un magasin situé dans le centre ville. Quand j’arrive à l’adresse indiquée, c’est franchement la pagaille. On se serait cru en période de solde, il y a une file dans la rue. Certains confrères exacerbés par l’attente excessive décident d’aller dans d’autres magasins de matériel médical  indiqués sur le site « influenza.be ». Je décide de faire la file et d’attendre gentiment en lisant le livre français sur la grippe aviaire. 

Je râle car j’ai été distrait dans la file en lisant mon bouquin sur la grippe aviaire,  et lorsque je suis arrivé devant le comptoir  du magasin, je me suis fait gentiment rabrouer par les vendeurs me conviant à revenir  le lendemain matin à partir de 8 h. De plus, le vendeur me conseille de venir tôt, afin que ma démarche ne soit pas inutile.  Il m’a aussi précisé que ce n’était pas gratuit, mais que le nombre de pièces par personne  était limité.

Le 13 juin 2008

J’ai finalement quelques masques, une paire de lunettes, et 2 à 3 paires de gants.  J’ai quand- même perdu une partie de ma matinée  dans ce foutu  magasin. Je suis rentré excédé à la maison, j’ai rapidement jeté dans un coin ce maigre matériel, et je suis parti comme un boulet de canon faire toutes mes visites médicales et visites –informations-grippe aviaire. 

Le 14 juin 2008

Ils sont géniaux les « responsables de la grippe aviaire » : ils nous demandent d’acheter du matériel, ils nous font ensuite passer le message que d’autres masques nous seront fournis dans la suite et puis plus rien, soit pas de  directives via leur site officiel. Si cela continue comme cela, ce sera la pagaille complète lorsque la pandémie aura atteint la Belgique. Enfin, soyons patient, on a quand même une bonne ministre de la santé.

 Les chaînes de télévision  RTL et ensuite RTB me téléphonent pour participer à une émission du dimanche à midi « Contreverse –Faire le point »,  comme je l’ai déjà fait il y a deux ans avec les ponces de la grippe aviaire. J’accepte tout, en me disant en moi-même que cela ne sert à rien,  si ce n’est que les intérêts de la télévision.  Il ne sert à rien de dénoncer ce qui ne va pas, alors qu’il n’y a plus grand-chose à faire, puisqu’il faut pas mal de temps pour construire quelque-chose de solide et d'efficace.Au rythme où je vois évoluer  maintenant  les réactions des responsables, je me dis que peu de choses ont été élaborées jusqu’à présent. Allez, bon OK pour la télé. On aura certainement pour directive avant l’émission de ne pas tenir des propos propres à faire paniquer la  population, en bref, de leur faire comprendre que tout est prêt pour faire face au pire des scénarios. En fait, j'ai compris:  dire le moins possible, le mieux possible.....pourque tout le monde soit rassuré .....

À SUIVRE 

 

Le 15 juin 2008

Ouf, je suis content d’avoir terminé les deux émissions de télévision.  Je suis quelque peu fatigué car j’ai fait l’enregistrement de la chaine RTB hier vers 17h. Ensuite, j’ai vu quelques patients, et samedi matin, j’ai encore donné quelques consultations avant l’émission en direct de dimanche midi à la chaine RTL.

Tout s’est bien passé. J’ai eu un certain plaisir à revoir des têtes connues et sympathiques  de certains membres de la santé publique,  de médecins  vétérinaires, de virologues, entre autres l’éminent  Prof. Van Ranst, notre coordinateur interministériel, et j’ai fait la connaissance de notre très sympathique et efficace   Ministre de la santé, Madame Onckelinckx.

Le message passé à la télévision  peut se résumer en une seule phrase : « N’ayez pas peur, nous sommes là, nous sommes prêts à vous aider » et « comportez- vous bien ».

L’après-midi, j’ai travaillé à l’ordinateur pour prendre des nouvelles du monde et de la pandémie débutante. J’ai été fort impressionné par le fait que certains pays comme l’Australie, les Etats-Unis, la Nouvelle Zélande fermaient complètement leurs frontières à toute entrée de population. Ce sont en partie des iles, et je m’attends  à ce que d’autres pays ferment aussi  leurs frontières.  Des bruits courent que certains pays européens pourraient également faire la même chose, mais pas la Belgique.

Le 16 juin 2008

Je reprends  mon travail quotidien. Ma femme constate ce matin que les rayons de denrées  alimentaires  sont quasi vides. C’est  normal, je m’y attendais.

Je n’ai pas encore reçu de directives de la santé publique ou des responsables de  « l’équipe grippe aviaire ». Je me souviens que, dans le temps, j’avais un patient d’origine polonaise ayant décidé, un jour, d’aller travailler en Indonésie. Qu’est- il devenu ? Peut-être, est- il sur le chemin du retour ?  Les patients que je visite me harcèlent de questions sur la « grippe aviaire ». Il y en a  qui me demandent parfois à quelle température ils  doivent cuire leur volaille maintenant. Les pauvres, s’ils savaient ce qui  les attend… .

Je regrette que la pandémie nous ait pris de cours, car normalement le gouvernement avait débloqué les sommes nécessaires pour vacciner toute la population avant la pandémie, et aucune perspective de vaccination ne se pointe à l’horizon dans notre pays. C’est normal, car il faut un délai de fabrication et de livraison. De plus, j’imagine que nous ne sommes pas le premier pays dans la liste des commandes et que les « gros payeurs » seront les premiers servis.  J’imagine que les firmes pharmaceutiques,  ayant investi dans les vaccins en vue de la pandémie,  doivent se frotter les mains avec les évènements se profilant à l’horizon.

Le 17 juin 2008

Bientôt la fin des examens pour les écoliers, et c’est tant mieux, car lorsque la pandémie arrivera chez nous, ils n’auront pas à devoir quitter ou manquer l’école puisqu’ils  seront en vacances.

Le 18 juin 2008

Je m’énerve un peu car l’épidémie débutante sur l’ile de Java s’est déjà répandue par je ne sais  quelle subterfuge à Hong-Kong. Probablement des hommes d’affaires pressés de fuir l’Indonésie, et occupés par  leurs dernières emplettes  dans cette grande ville commerciale.

Dans une émission d’Euro-News,  la chaine de télévision internationale, on vient d’annoncer que la bourse s’emballe car tous les traders revendent leurs actions, et misent dans des valeurs refuges. Le cours de l’or s’est envolé vers des sommets jamais atteinds. En voyant sur le petit écran tous ces hommes excités, en furie, je me dis en moi-même que les valeurs boursières vont s’effondrer, et que la bourse va droit dans le mur. Le Krach boursier n’est pas loin, et si cela se passe, ce sera la panique généralisée dans le monde, avec les fermetures d’entreprises, la révolte des employés et des fonctionnaires, les grèves violentes, la paralysie de beaucoup de services indispensables à la survie d’un monde basée sur l’économie de marché.

Le 19 juin 2008

Les deux télévisions belges précédemment citées me proposent de participer encore à une émission de «  Contreverse-faire le point » le dimanche midi.  Il est  quand-même  vrai que beaucoup  de téléspectateurs se retrouveront devant le petit écran le dimanche midi. L’audimat des deux chaines de télévision va exploser. Je me demande pourquoi les deux chaines de TL ne s’unissent pas pour ne faire qu’une seule émission. C’est quand-même pour informer la population, pas pour vendre des images à sensation. Je me demande à quoi je pourrai bien servir pendant l’émission. Même si  je connais le sujet à fond, je ne vois vraiment pas en quoi je pourrais faire avancer le problème de gestion d’une pandémie par les quelques phrases que je prononcerai devant la caméra. La préparation à la pandémie, ne peut s’élaborer au cours d’une émission de télévision.  Le vrai travail se fait dans les coulisses de l’anonymat, et longtemps à l’avance. Les problèmes socio-économiques se règlent au cours de réunions  interministérielles,  il faut savoir que les problèmes de  santé publique sont longs à traiter et à mettre en place. De plus, ceux-ci doivent être passés préalablement par l’épreuve du scénario de simulation pour être réalistes. Il en va de même pour les problèmes socio-économiques.   

Parfait, on va beaucoup débattre pour tout dire et finalement ne rien conclure. C’est quand même le but de ces émissions. Enfin, il faut ce qu’il faut, et mieux vaut cela que rien du tout. Je suis sûr qu’on va trouver un compromis, en espérant que flamands et wallons s’uniront dans l’adversité. En réalité, je ne suis pas convaincu de l’espoir que je nourris dans mon esprit d’unité nationale.

Bref, on verra bien. Autant savoir. C’est comme cela, donc, c’est comme cela, il n’y a pas à discuter, car on est quand-même dans un pays de démocratie. 

A suivre .... sous peu....!

 

 

 

 

05.06.2008

Réflexion : on ne trouve que ce que l'on cherche !

 

Réflexion : on ne trouve que ce que l'on cherche !
 

H5N1 Tout agent pathogène tel le virus grippal se manifestera chez un individu par une symptomatologie variable en intensité suivant les caractéristiques propres à chaque individu .

On peut observer par exemple ce phénomène à l’occasion de la grippe saisonnière , pour laquelle l’âge, l’état de fatigue ou une pathologie associée font varier la gravité de l’état de morbidité ou le chiffre de la mortalité.

Ne peut on appliquer ce raisonnement pour le H5N1, par un dépistage systématique des anticorps, par exemple sur un échantillon de personnes susceptibles d’avoir été en contact avec un malade par le H5N1, ces personnes ne présentant pas ou peu de symptômes typiques.

Cela pourrait donner une idée plus exacte d’une éventuelle transmissibilité occulte. De plus il n’est pas exclu qu’un jour le H5N1 puisse donner un clône à virulence atténuée, mais à transmissibilité accrue, le temps de se répandre plus facilement parmi les êtres humains.

L’histoire récente et en cours du H7N2, virus transmissible entre humains, mais à faible virulence, peut nous interpeller dans ce sens. Quelques mois lui suffirait au gré de ses mutations ou de ses rencontres avec d'autres congénères, pour devenir virulent et transmissible entre humains.  Dr MSFV   (le9/06/2007- Blog-Grippe aviaire urgence danger)

 

02.06.2008

Remarque et excuses .

Je ne suis pas responsable de la mauvaise qualité de la mise en page de la dernière partie de l'article intitulé :

 

sur cet autre blog vous pourrez mieux lire la suite de l'article.   cliquez sur le lien au-dessus.

Bonne semaine chers lecteurs et chères lectrices .          Dr MSFV

 

2aa8e31e8dae08bea6c939a2a2da6be5.jpg

  
 

 

01.06.2008

Comment éduquer une population à une pandémie de grippe ?

INTRODUCTION 

Tout bateau de croisière, ou tout avion civil  possède un plan de sauvetage des passagers en cas d'accident, de même que la plupart des pays possède un plan opérationnel de "sauvetage de la population" en cas de pandémie de grippe.

 

Ainsi tous les membres d'équipage d’un avion ou d’un bateau, connaissent le protocole des démarches à suivre pour évacuer en bon ordre les passagers. Les différents intervenants du sauvetage ont pu éventuellement s'entrainer par des scénarios de simulation en temps et en situation réelle, afin que les questions : qui fait quoi ?  avec quoi ?, comment ? pourquoi , ?  ne se posent plus au moment agité de la catastrophe.  

 

Si vous avez eu l'occasion de prendre l'avion ou d'effectuer une croisière, vous aurez certainement reçu après le  décollage de l'appareil, ou durant la croisière les informations nécessaires au bon déroulement des opérations.   

 

Pour l'avion, on se souviendra  des démonstrations de  l'utilisation du masque à oxygène, du port du gilet de sauvetage, des instructions pour les issues de secours, et des toboggans d'évacuation.

 

Dans  le cas du bateau vous vous rappelez certainement avoir revêtu votre gilet de sauvetage et vous être rendre ensuite en bon ordre à un endroit précis pour ainsi vous retrouver finalement en face de la barque de sauvetage prévue à votre intention.  

 

Dans cette évocation de conduite en cas d’accident, différents principes sont à remarquer :

 

1)     La conception  préliminaire d’un plan de sauvetage par des spécialistes en possession de toutes les données nécessaires pour que la faisabilité des gestes de sauvetages par les intervenants se fassent de façon coordonnée.

2)     La formation théorique des intervenants du sauvetage, complétée  par un exercice de simulation pour finaliser la formation, récapitulant et coordonnant les phases d’action du sauvetage .

3)     L’information et la formation des passagers ou des croisiéristes  à une démarche à suivre si un accident survenait.

 

En cas de pandémie de grippe nous pouvons prendre en considération :

 

-       Le Plan d’urgence pour une pandémie de grippe.

 

-       La formation théorique et pratique des différents intervenants.

 

-       L’information et la formation de la population quant à la démarche à suivre en temps de pandémie, afin de réduire au maximum la souffrance de celle-ci.

 

Le but de cet article n’est pas d’analyser ou de développer des considérations au sujet du plan d’urgence ou de la formation théorique et pratique des différents intervenants en temps de pandémie.

En général ces deux points sont fort négligés dans certains pays. Les bons élèves de la préparation à une pandémie, ne se sentiront pas visés par cette remarque.

 

Le but de cet article est de développer le troisième point, soit l’information et la formation de la population en temps de pandémie, et d’une façon plus pointue : « comment informer la population sans créer la panique ? ».

 

Pourquoi informer et former une population ? 

En reprenant l’exemple de l’avion et du bateau il est certain qu’ inventer un plan de sauvetage avec des intervenants prêts à l’action , sans avoir informé les passagers, est absurde. Voyons pourquoi ?

 

Soit : plan d’intervention sur papier -----> ne conduit à rien.

Soit : plan d’intervention + intervenants formés théoriquement ----> ne conduit à rien.

Soit : plan d’intervention « opérationnel » car + intervenants formés théoriquement et pratiquement -----> ne conduit à rien.

Soit : plan d’intervention opérationnel + intervenants formés théoriquement et pratiquement + population informée et formée à affronter un temps de pandémie  --->Solution.

 

Conclusion : pour atteindre une certaine efficacité en temps de pandémie il faut prendre en considération les trois éléments indispensables pour la bonne gestion de la pandémie en Belgique, soit le plan, les intervenants, et la population. Ces trois éléments sont indispensables.

EN BELGIQUE : 

Un  plan partiel  (en voie de développement perpétuel) de préparation à la pandémie  existe  sur papier.

Celui-ci est plus un catalogue de bonnes intentions, qu'un manuel pratique à l'usage des intervenants de tout niveau . On nous énumère une série d'actions ou d'intentions d'actions sans nous expliquer ou se situe l'action dans l'arbre de décision, et comment la réaliser. 

Les intervenants ignorent leur rôle futur, et jusqu'à ce jour n'ont reçu aucune formation de préparation à la pandémie. 

La population n'a reçu jusqu'à ce jour aucunes informations concernant des directives à suivre en temps  de pandémie.

 

Voir pour preuve : le site officiel belge de la grippe aviaire  soit cliquez sur : www.influenza.be


LES OBSTACLES À L'ÉDUCATION

 

1)     Un plan incomplet sur papier, n’ayant pas subi l’épreuve du scénario pré-pandémique , et de ce fait peu opérationnel, ne pousse naturellement pas les autorités responsables et scientifiques à informer et former la population, puisque  les solutions adéquates sont inexistantes.

     Un mauvais élève a souvent tendance à cacher son bulletin d’examens à ses parents.  

 

2)  Informer la population fait craindre aux responsables de la santé publique d’engendrer une

   épidémie de panique dans la population. Alors, ainsi l’information se résume à parler de tout

   et de rien, soit : de la température de cuisson des poulets, du problème des oiseaux migrateurs,

   du problème des éleveurs de volailles, des dates de confinement des volailles et de leur

   libération. (Réf : émission de TL, dans le genre débat en Belgique 2006 RTL et RTB).

   La réponse que les téléspectateurs attendaient concernait la question : « qu’a-t-on déjà fait pour

   nous concernant la pandémie ?». La réponse fut vague et non concrète  

 

      

3)     L’éducation de l’adulte est difficile pour différentes raisons.

 

a) Le manque de disponibilité après une journée de travail souvent épuisante.

b) Le problème psychologique engendré par l’évocation d’un sujet anxiogène.

c) L’efficacité du moyen d’apprentissage : la durée d’une information donnée par un média

  classique  ne dure pas plus de 36 h,  par exemple la TV, les journaux, les conférences.

  Les feuilles d’informations sur la grippe aviaire subissent rapidement le même sort que les

  dépliants de publicité encombrant nos boîtes aux lettres.     

  Il est aussi à prendre en considération que toute information reçue par un média quelconque

  est chassée par une autre plus récente et ainsi de suite.

 

 

Solution 

 

Historique : L’idée de la solution m’est apparue en pensant à un mode d’apprentissage de mes deux enfants âgés respectivement de 13 et 15 ans.

Il leur est demandé de temps en temps de faire un exposé devant la classe concernant un sujet donné, tel le réchauffement climatique, le problème de l’eau potable, ou tout autre sujet d’actualité.  

Souvent les jeunes sont divisés en groupes de travail pour effectuer leur recherche sur un thème donné. Le travail de collectes de données se fait de plus en plus facilement et rapidement par l’utilisation de l’internet, ce qui  permet un accès plus large à toutes les données existantes, en français, en anglais,  etc.

Le fond et la forme sont pris en considération pour exposer au mieux leur thème.

 

En pratique :

 

 Faire un travail de groupe développant le thème de la grippe aviaire (à H5N1).

 

Ce travail sera guidé et supervisé par un professeur désigné et formé préalablement à ce problème de grippe aviaire de préparation à la pandémie. .

 

ICet enseignant suivra un canevas répondant aux questions suivantes :

 

-       1 -    Qu’est-ce que la grippe aviaire ? (définition)

 

-       2 -    Quelles sont les conséquences ? :

 

      au niveau des oiseaux (élevages, oiseaux migrateurs,  sources de   nourriture déficitaire

       dans les pays pauvres, mode de cuisson de la volaille).

 

                                                         

au niveau des humains : morbidité, mortalité.

 

                                                         

au niveau d’une pandémie : conséquences médicales et   également conséquences

 socio-économiques résultant d’une  diminution brutale du nombre de gens actifs

 participant au  fonctionnement des différents secteurs d’une société techniquement

 développée.

 

-       3 -    Quelles sont les solutions envisageables ?

      

          (à rechercher en Belgique et dans d’autres pays)

 

        Du point de vue médical.

        Du point de vue socio-économique. 

 

 

 

But  de la démarche

 

        Informer indirectement les parents ou l’entourage de l’enfant, participant parfois à la recherche                 des   données du travail à effectuer.

       

        Le thème banalisé pourra devenir un sujet de conversation non anxiogène, puisqu’il inclut une
         
recherche de solutions adaptées aux différents thèmes de la vie, mis en difficulté.  

       

        Les adultes sollicités indirectement par les questions posées par le travail de leurs enfants                         verront,  malgré certaines réticences, leur curiosité indirectement attisée.

 

        Ils se poseront des questions concernant les solutions ou conduites à adopter suivant leur
         contexte propre de vie. Ils découvriront les solutions en provenance de tous les pays responsables.

 

        Redynamiser la prise de conscience des responsables politiques et scientifiques dans leurs                           devoirs  de responsabilité vis-à-vis de la population.

     

 

Limite de la démarche.    *   Limité aux parents avec enfants scolarisés>14 ans

  

                                               *  Pour les autres catégories de personnes soit par

                                                  exemple :   de trop jeunes enfants, des personnes âgées, ayant un niveau de scolarité primaire, les sans enfants (à l’école 2 aire) ,les  personnes âgées, les parents ayant peu de contact avec leurs enfants,…d’autres méthodes d’information sont prévues.

 

          Il est certain que ce mode d’approche de l’éducation d’une population par le biais des exposés  scolaires des enfants ne constitue l'unique façon de résoudre le problème d’information et de formation  des adultes. Il en existe beaucoup  d'autres, néanmoins celle-ci est pratique  et non  anxiogène, et de plus elle laisse une trace, contrairement au dépliant d'informations sur la grippe  aviaire distribué un peu partout en Belgique. Ces papiers ont suivi  inévitablement après un certain temps la loi du  recyclage.

 

                

ALORS : « passons à l’action car dire c’est bien, mais faire c’est mieux ».

 

Pour cela allons rencontrer les politiques, grands décideurs de nos vies, en espérant que ceux-ci ne soient pas trop aveuglés par les élections de 2009……

 

NE JOUONS PLUS AVEC LE FEU, SOYONS DES CITOYENS RESPONSABLES.

Remarque  aux Belges qui consultent mon blog, je pense qu'il est temps de se poser des questions quant à savoir ce que font les responsables de leur pays pour la préparation à la pandémie. 

A part un vote par les  politiciens pour   débloquer de l'argent nécessaire à la couverture vaccinale de la population par le vaccin Prepandix de GSK , rien n'est fait de concret au niveau de la santé publique, ni au niveau des réunions interministérielles sensées envisager et résoudre les problèmes socio-économiques que posent une pandémie. 

Le site officiel  belge de la grippe aviaire  www.influenza.be n'évolue pas.Il réflète pourtant l'activité de nos responsables scientifiques.

Leur responsabilité est grande.  De plus la population n'est pas informée du problème et les futurs intervenants ne sont pas formés  à une quelconque intervention.

Cette situation n'est pas tolérable aussi j'appelle  la population à réagir avant qu'il ne soit trop tard. Vos réactions me permettront d'intervenir au niveau des responsables. Soyez actifs. Alors utiliser  sans retenue mon adresse internet située ci-dessou. Ainsi je pourrai mieux intervenir auprès des responsable. Je répond toujours aux mails envoyés.Clicquez sur :   drmsfvermeulen@yahoo.fr

 

Lisez le blog quotidien 

(clicquez sur blog quotidien)  

Vous pouvez le traduire de l'anglais enfrançais en appuyant sur le drapeau français du Babelfish en haut à gauche. Ainsi vous serez réellement au courant de ce qui se passe dans le monde.

ABONNEZ VOUS À CE BLOG  

ainsi que vos amis à la newsletter, dans la colonne de droite en haut. Ainsi vous recevrez automatiquement chaque nouveaux articles de ce blog.  

                                      

c3c08ce065b87ffd637f4a9a42c166c4.jpg

 

LE VIRUS CONTINUE A ÉVOLUER INSIDIEUSEMENT DANS LES PAYS PAUVRES.

RAPPEL (24/01/2006) -- RISQUE PANDEMIE -- "LE VIRUS NE PREND PAS DE VACANCES."
 

 

Tous les pays doivent se tenir prêts à lutter contre une épidémie de grippe comme si elle devait débuter demain, a réclamé  le coordinateur des Nations unies pour la grippe aviaire, David Nabarro.

Beaucoup de gens semblent croire qu’il reste plusieurs mois pour se préparer à une mutation du virus de la grippe aviaire qui le rendrait transmissible de l’homme à l’homme, a relevé le Dr Nabarro lors d’un point de presse à Genève.

 

«Mais ce ne sera peut-être pas plusieurs mois », a averti le haut responsable onusien. «Nous pourrions être confrontés demain à une transmission inter-humaine. Agissons donc comme si cela allait commencer demain ».

«Pour tous ceux qui travaillent sur ce dossier, nous avons le sentiment de nous trouver au bord d’un énorme précipice sans savoir où s’arrêtera la chute », a confié le Dr Nabarro.

«C’est pour cela que nous nous concentrons sur les préparatifs. Le jour où la pandémie frappera, il sera trop tard pour se préparer », a-t-il ajouté, tout en reconnaissait qu’il était «très difficile de convaincre les gens de se tenir prêts pour quelque chose d’aussi flou et incertain ».

Dr David NABARRO 

Toutes les notes